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Archives mensuelles : mars 2015

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Voici ma participation au jeudi poésie 141 mené par Enriqueta

Selon le principe que, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes…

Elle nous propose de descendre en apnée dans la liste des anciens défis des Croqueurs.

Pour ma part j’ai choisi  Défi n° 38 Une lettre Eglantine Nalge

Attention quelque chose me dira que vous avez tout lu ;)

Il y aura une surprise pour la première personne qui aura trouvé le piège!!!

Mon cher Anatole,

Je mets enfin la main à la plume, la plume dans l’encre, l’encre sur le papier, le papier dans l’enveloppe et l’enveloppe dans la boîte aux lettres pour te dire que nous sommes tous en bonne santé.

Nous étions bien malades mais le médecin est venu et nous sommes tous guéris.

Depuis que tu es parti on s’aperçoit que tu n’es plus là. Hier c’était la fête du village et il y avait une course aux ânes. Maman a dit que c’était dommage que tu n’y sois pas car tu aurais certainement gagné le premier prix. En fait c’est Clotilde qui l’a gagné. Tu sais comme elle est, toujours à vouloir se distinguer. Enfin c’est notre sœur, et je suis bien content pour elle.

Nous avons inauguré un nouveau cimetière. Ils ont mis un panneau devant la grille expliquant que ne seront enterrés ici que les morts vivants sur la commune. Je dois également te dire que les peupliers qui bordaient la rivière ont été coupés pour en faire du bois de sapins.

Notre voisin va se marier avec une femme, tu sais, c’est celle qui nous avait tant fait rire le jour le l’enterrement de Grand-Mère.

Je t’envoie cinq chemises neuves que maman a faites avec des vieilles. Si tu veux, tu peux envoyer tes vieilles, elle en fera des neuves. Elle m’a dit aussi que si tu as des chaussettes trouées, tu peux nous expédier les trous pour qu’elle les raccommode.

Médor a eu la queue coupée. Tant mieux, elle ne se coincera plus dans la porte. En fait c’est papa qui était saoul comme un cochon, il a laissé échapper son litre de gros rouge et elle est tombée juste sur sa queue. Je parle de la queue du chien bien entendu. Un gros bout de verre la lui a sectionnée en deux morceaux. Faut voir comme y gueulait le pauvre !

Tu nous dis que tu as été bien malade. Si cela ne va pas mieux vient mourir à la maison, ça nous fera toujours plaisir. D’ailleurs à la ferme il y a eu une épidémie de fièvre aphteuse parmi les bêtes à cornes et nous avons eu bien peur pour papa. M’enfin tout va bien ici à part une truie qui a crevé et j’espère que ma lettre te trouvera de même.

 

Que te dire d’autre ? Ah oui, j’écris toujours mes petites histoires d’horreur et si tu veux les lire surtout n’hésite pas. Papa et maman les lisent aussi, sauf que papa me demande toujours comment je fais pour écrire des trucs pareils. L’autre jour il m’a dit que je ne devais pas être bien dans ma tête pour inventer de telles horreurs. Je lui ai répondu qu’il ne devait pas être bien dans la sienne pour picoler comme il fait. On dirait une vache prête à pondre ses œufs tellement il est imbibé de vinasse. Il m’a aussi dit que je n’étais qu’un gougnafion prétentieux et que si je n’étais pas content je n’avais qu’à aller me faire pendre ailleurs. Sur ce j’ai cherché une bonne corde et la lui ai mise dans les mains en lui expliquant que le chemin pour se rendre jusqu’à l’écurie n’est pas très loin et qu’à l’intérieur il y a de splendides poutres qui ne demandent qu’à servir. Si toutefois il y arrive sans se casser la gueule tellement il était bourré. Il est devenu rouge de colère, autant une betterave que maman nous a préparée à midi en entrée pour déjeuner. Ou un homard à qui on fait des guili-guili dans une casserole d’eau bouillante. Elle aussi lit mes histoires, mais je vois bien qu’elle n’aime pas trop ça. Des fois elle me regarde béatement en secouant la tête, l’air de dire que je mérite cent fois le purgatoire, et sans absolution. Mais que veux-tu ? Etant donné que l’influence des rayons gamma sur le comportement des êtres humains est proportionnel à la différence qu’il y a entre le pouvoir attractif de la lune par rapport au temps que met un lapin pour déguster un carré de luzerne, et étant donné qu’ainsi va la vie, je ne veux pas passer mon temps à traire des poules. Donc j’écris, je sors de mon quotidien pour entrer dans un monde imaginaire, et tu ne peux pas savoir à quel point ça fait du bien. Tu devrais essayer, au lieu de passer ton temps dans tes bouquins de physique et de chimie. Ça c’est des matières beaucoup trop terre à terre, et je ne vois pas très bien où est toute la poésie du monde là-dedans. Remarque c’est pas plus mal d’avoir un scientifique dans la famille, rien que pour ça je suis fier de toi.

 

J’ai fais la connaissance d’un nouveau copain. Il est encore plus bizarre que moi, et ce n’est pas peu dire. Parfois il me fait peur. Par le plus étrange des hasards, je l’ai rencontré au bistrot et j’ai pu l’apprécier davantage par la suite, d’autant qu’il est doté d’une certaine érudition malgré son jeune âge. Ceci au fil du temps car le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui, comme tu le sais aussi bien que moi. On dirait qu’il fait partie d’une organisation secrète, ou bien qu’il vient d’une autre planète. Ce serait beaucoup trop long à te raconter ici les prémices de mes doutes ni quels chemins tortueux et les subterfuges que j’ai employés pour le découvrir, mais c’est malheureusement un fait : il me semble que cette jeune personne n’est pas de notre monde. A ce propos je n’ai jamais compris pourquoi on dit « aux quatre coins de la Terre » alors que la Terre est ronde.

Apparemment il n’est pas seul, j’en ai désormais la preuve par des photos que j’ai réussi à lui subtiliser.

Mais que viennent-ils faire ici ? Combien sont-ils exactement ? Sont-ils animés de sentiments nobles ou bien ont-ils l’intention de nous faire du mal, encore plus belliqueux que nous autres, habitants de cette Terre. Je pense que si l’on avait pu deviner un seul instant les conséquences de cette soi-disant intelligence qui nous permet de survivre inculquée par une nature en mal d’imagination, jamais nous n’aurions dû apparaître au milieu de tant de merveilles. Alors pourquoi tant de beauté et tant de haine ? Mais le mal est fait. Tant que tu regardes au-delà du monde, le monde aussi regarde en toi, mon cher Anatole.

Je souhaite ardemment que quand tu verras ces photos tu ne feras pas de cauchemars nuit après nuit, mouillant ton lit comme si tu avais encore trois ans, de peur de te lever, préférant les remontrances maternelles plutôt que de rencontrer au détour du couloir pour te rendre aux toilettes à deux heures et demi du matin l’un de ces êtres de cauchemar. S’il est vraiment ce que je crois, je l’inviterais à la maison et l’enfermerais dans la cave pendu par les pieds avec des rats qui lui boufferont le nez. Lentement. Très lentement. Je lui mettrais aussi un bâillon car je voudrais bien dormir tranquille sans entendre ses hurlements toute la nuit. Je pense le libérer après Pâques, s’il en reste quelque chose. Ou alors je lui collerais les mains dans le dos avec de la super glu et lui ferais un triple nœud avec ses jambes (c’est peut-être ici que tu gagnes un lapin de Pâques). Je le clouerais ensuite sur une croix fabriquée avec le trépied de ton télescope et le laisserais mariner quelques jours en plein soleil, et comme le voleur sur la croix à coté de Jésus Christ, il se fera crever les yeux, non pas par un corbeau mais par une gorgone de passage, celles avec des défenses de sanglier et une chevelure de serpents. J’en profiterais pour lui chatouiller les pieds avec des allumettes enflammées, à raison d’une boîte par pied. Je le descendrais de la croix après deux semaines, si j’y pense. Ensuite je le traînerais par les cheveux jusqu’à l’océan Pacifique, je le mettrais dans une bouteille (un nabuchodonosor tant qu’à faire) et il voguera jusqu’au pays des Jivaros qui lui réduiront la tête comme une balle de ping-pong et revendront le reste de son corps à la tribu cannibale voisine qui le cuira à petit feu. Et là ils s’écrieront tous en cœur : « Mmmm ! Miam-miam ! Y a bon ! »

Car comment ne pas sombrer dans la folie une fois qu’on les a vus pour de vrai, ces aliens venus d’ailleurs ? Je n’ose imaginer l’effet dévastateur que cela pourrait avoir sur ton pauvre cerveau qui est déjà mis à rude contribution, entre tes études sur la physique, du genre si je plonge tout nu dans un lac, est-ce que j’en ressors mouillé (d’ailleurs j’aimerai bien connaître la réponse), et entre une passion dévorante pour l’astronomie, du genre si le ciel est tout noir, comment peut-on savoir qu’un trou noir est noir puisque tout ce qu’il y a autour est également noir ?

 

Concernant ce que tu m’as expliqué l’autre fois, j’ai voulu comprendre et analyser le problème de l’eau suivant l’angle que l’on donne à son corps en plongeant. N’ayant pas de lac sous la main, j’ai voulu tester cette expérience hautement scientifique dans la baignoire. Je me suis donc déshabillé entièrement, rempli la baignoire jusqu’à ras bord, monté sur une chaise pour faire une sorte de plongeoir, (j’avais l’air malin à poil debout sur une chaise !) et sauté dans ladite baignoire susmentionnée en essayant de donner à mon corps un angle de plus ou moins 95°.

Ce qui fait que, premièrement, je me suis fortement cogné la tête dans le fond de la baignoire, deuxièmement j’ai pratiquement inondé la salle de bains que j’ai mis deux heures à éponger, et troisièmement et non des moindres, je me suis râpé les couilles sur le bord qu’on dirait maintenant deux gros citrons tout jaune. Je pense, enfin c’est mon avis, que tu aurais pu me prévenir des conséquences désastreuses qui devaient logiquement découler de la mise en pratique de cette expérience. Ce n’est pas très gentil de ta part, mais bon je ne t’en veux pas, tu ne pouvais pas deviner que j’allais faire ça. Pour la prochaine fois pitié, donne-moi les mises en garde.

 

J’ai une question à te poser, si tu veux bien. Quel bruit fait un arbre qui tombe dans la forêt s’il n’y a personne pour l’écouter ?

Le même que s’il y avait quelqu’un à côté, que tu me répondras.

Oui mais comment peux-tu savoir qu’il est tombé en faisant du bruit si personne n’était là ? Depuis hier soir je me creuse la tête pour trouver la réponse. D’après moi, c’est absolument impossible qu’il ne soit vu et entendu de personne, il y a toujours une vieille sorcière qui vit au milieu de la forêt, préparant d’horribles mixtures à base de venin de serpents, de bave de crapauds, d’araignées venimeuses et de crottes de fourmis pour les offrir aux petits enfants égarés dans les bois, sorcière que j’ai rencontrée une fois et vois dans quel état je suis maintenant.

Et cet arbre qui est tombé soi-disant en étant vu et entendu de personne doit être l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car depuis qu’il est tombé c’est un bordel monstre sur notre pauvre terre.

Il n’y à qu’a regarder autour de nous, on est à deux doigts de l’apocalypse, le monde étant devenu tellement bête et cruel qu’on se demande comment on fait pour être encore vivant.

Heureusement il nous reste encore une chose : des sentiments humains.

Il n’y à qu’a savoir les prodiguer à ceux qui nous entourent, et leur montrer qu’on les aime sans avoir peur de leur dire. C’est toute la subtilité entre ceux qui désirent le faire et la bêtise humaine.

Alors cet arbre qui est tombé sans être vu de personne, il aurait mieux fait de rester debout !

Enfin c’est ma réponse philosophique.

 

Puisque l’on est dans les questions, en voici quelques-unes auxquelles j’aimerais bien trouver une réponse :

Pourquoi ce sont les meilleurs crus qui donnent les plus fortes cuites ?

Comment fait-on pour dormir sur ses deux oreilles ?

On passe souvent des nuits blanches quand on a des idées noires, c’est y pas paradoxal ?

Pourquoi lorsque l’on veut de l’argent devant soi, faut-il en mettre de côté ?

Pourquoi avons-nous parfois l’estomac dans les talons ou le compas dans l’œil ? Ça doit faire rudement mal !

Que de questions que de questions, mon Dieu que la vie est compliquée !

 

Il m’est arrivé quelque chose d’affreux la semaine dernière en remettant quelques tuiles qui s’étaient envolées après la tempête. Alors que je les reclouais au bord du toit, (t’as qu’a voir, y mettent même des tuiles sur les toits maintenant) un coup de vent violent m’a fait dévier le bras en dehors du point de sustentation qui m’aurait permis de rester fermement accroupi sur ces saloperies de tuiles, et le marteau que je tenais en main m’a littéralement fait plonger tête la première quatre mètres plus bas dans un tonneau rempli de ciment frais qui était juste en dessous. Heureusement que les parents m’ont entendu crier, ils ont accouru vite fait, mais le ciment était à prise rapide, ce qui fait qu’au bout d’une minute je ne pouvais plus bouger.

Ils ont donc percé le tonneau à hauteur de ma tête sans me blesser et enfoncé une paille pour me permettre de respirer, puis appelé le Samu qui a dépêché une grue pour emmener moi et le tonneau aux urgences et avec un marteau piqueur ils ont enfin réussi à me dégager. J’ai eu la peur de ma vie mon pauvre Anatole.

Et depuis quatre jours j’ai donc le hoquet qui ne veut plus s’arrêter à cause de tout le ciment que j’ai avalé. Pas très pratique pour manger avec ce maudit hoquet, à chaque ‘hic’ je fais un grand soubresaut et je me retrouve avec tout mon manger sur mon pantalon.

 

J’ai fait quelques recherches sur l’origine de notre nom de famille comme tu me l’avais demandé et voilà ce que j’ai trouvé :

– noyer : arbre d’environ douze mètres de haut, produisant énormément de noix bonnes pour la cueillette vers le mois de septembre ou d’octobre. Les noix tombent directement au sol, produisant un petit son mat lors de l’impact. Sans danger pour le crâne à ce moment là, mais il vaut mieux quand même éviter de se trouver en dessous.

– vannoyer : homme préhistorique aujourd’hui disparu qui avait seulement deux noix toutes petites, réputé pour être dur de la feuille mais pas mou de la branche. On suppose que le vannoyer savait lire et écrire et qu’il lui arrivait d’imaginer d’épouvantables histoires d’horreur qu’il racontait à ses amis et à ses petits enfants pour les endormir. Mais cela reste à démontrer, aucune preuve archéologique ne pouvant étayer cette thèse. Il vivait à la même époque que le mariozaure à grandes oreilles, un autre homme préhistorique très très méchant avec également seulement deux noix, contrairement au vrai noyer qui lui en a beaucoup plus. A cette époque lointaine, le vannoyer se promenait tout nu dans la savane sans aucune gêne en faisant des hon-hon-hon avec sa bouche, les lèvres retroussées pour bien montrer ses grandes dents jaunies par la nicotine, comme leur cousin éloigné le mariozaure à grandes oreilles.

Ces hommes préhistoriques étaient très intelligents pour leur époque, et avaient une connaissance approfondie du ciel et de tout ce qui concerne l’astronomie en général.

C’est donc ce que j’ai trouvé en faisant pas mal de recherches, j’espère que tu en seras content.

 

J’ai lu un bouquin de philosophie. M’enfin j’ai essayé de le lire pour être honnête, car il faut sacrément se chatouiller les neurones pour comprendre quelque chose. Je te soumets un passage, si tu arrives jusqu’au bout de la lecture sans prendre huit boîtes d’aspirine.

Alors, d’après ce livre, il existe un barbier différent des autres : il ne rase que ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes et il est le seul à le faire. Aussi tous ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes doivent-ils aller chez ce barbier unique. Maintenant, la question qui embrouille la cervelle est la suivante : ce fameux barbier peut-il se raser lui-même ?

La première réponse est catégoriquement non ! Le barbier ne peut se raser lui-même pour la bonne raison qu’il ne rase que ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes. En se rasant, il échapperait à la catégorie de ceux qu’il doit raser.

Seulement, s’il ne se rase pas, il entre alors dans la catégorie de ceux qu’il doit raser. Conclusion : le barbier ne peut se raser lui-même dans la mesure où il se raserait lui-même et il devrait se raser lui-même dans la mesure inverse où il ne se raserait pas lui-même. C’est bon ? T’as compris quelque chose ?

Un autre exemple : Un veilleur de nuit au moyen-âge dans un petit hameau doit réveiller les habitants qui ne se réveillent pas eux-mêmes et il est le seul à avoir ce droit. De plus, il n’est pas permis au veilleur de réveiller les villageois capables de se réveiller eux-mêmes. Le problème est de savoir ce que peut faire le veilleur de nuit s’il ne se réveille pas ou bien s’il se réveille seul, car là il est dans une situation absolument impossible. En effet, s’il ne se réveille pas, le veilleur est obligé de se réveiller puisqu’il est par convention astreint à réveiller ceux qui ne se réveillent pas eux-mêmes. Mais, s’il se réveille, alors, en vertu de cette même convention, il n’en a pas le droit puisqu’il ne peut réveiller que ceux qui ne se réveillent pas eux-mêmes. Voilà une vraie histoire à dormir debout sur une planche pleine de clous.

C’est ce qu’on appelle un paradoxe, un statut logique d’un ensemble de tous les ensembles qui ne se comprennent pas eux-mêmes : cet ensemble d’ensembles se comprend-il lui-même ou non ? S’il se comprend lui-même, il ne le devrait pas parce qu’il ne comprend que les ensembles qui ne se comprennent pas eux -mêmes, et s’il ne se comprend pas lui-même, alors il devrait quand même se comprendre car il ferait partie de la première catégorie.

Si c’est ça la philosophie, je veux bien en lire tous les jours, histoire de dormir moins bête. Je n’ai même pas compris ne serait-ce que la première virgule de tout ce charabia. Y a vraiment des gens qui ont un cerveau encore plus tarabiscoté que le mien pour réfléchir à des concepts aussi sautes que grenues, voir carrément saugrenues. C’est de la vraie masturbation intellectuelle, encore meilleure que celle que je faisais quand j’étais gamin sous la douche. (D’ailleurs c’était une sacrée bonne planque, jusqu’au jour où maman m’a surpris, l’objet du délit bien en main. Comme un idiot, j’avais oublié de fermer la porte à clé. Tu vois un peu le tableau ? Elle était aussi rouge que moi et elle n’a plus osé me regarder en face pendant trois semaines). Tu me diras ce que tu penses de tout ça, ça me ferait rudement plaisir.

 

Concernant les plantes de ton jardin, j’ai demandé à maman ce que c’était. Alors les deux premières photos c’est de la passiflore appelée encore fleur de la passion que les amoureux mettent dans leur jardin, et quand ils sniffent l’odeur délicieuse qui s’en dégage ils sont tout passionnés et après il n’y a plus moyen de les retenir tellement ils se sentent épris l’un de l’autre. Les voisins sont obligés de fermer leurs volets pour ne pas voir ça, ça risque de les émoustiller et d’être tout en effervescence, ou alors ils s’amènent vite vite vite et leur jettent des seaux d’eau pour les refroidir. Ça fait pshiiiiiiiiiiiit tellement ils bouillonnent d’amour partout sur eux. Si tu es amoureux, les fleurs de la passion sont donc à éviter si tu ne veux pas te retrouver tout trempé par tes voisins.

La troisième photo c’est une plante appelée piédicus bergèsnicotum, de la famille des laagotirium christovière. Ça pousse dans les jardins en Auvergne, c’est très joli. Ça donne des fleurs roses sans poils une fois par an au mois de juillet, sauf que celles-ci me semblent un peu maigrichonnes.

Les fleurs sont composées de cinq protubérances appelées ‘orteils’, comme ceux qu’on a au bout des mains. Il y a des gens qui les lavent au savon, ce qui n’est pas recommandé car ils risquent d’attraper des maladies du genre « piedtoutbeautoutpropre »,une maladie contagieuse qui se transmet aux humains.

Au-dessous de ces fleurs il y a une grosse tige appelée parfois « gambette sans poils », rose également, et elles peuvent mesurer jusqu’à plus d’un mètre pour les plantes adultes.

Il y en a des plus petites, comme le ‘benjaminicus pastoujoursbiengentil’, (tiens ça me rappelle notre petit cousin Benjamin), qu’il faut arroser régulièrement et leur donner à manger des Kellogs au chocolat tous les matins, sous peine de les voir dépérir à vue d’œil.

Et il y en a aussi des plus grandes, avec quelques poils celles-là, appelées ‘mariotirotum délirium’, qui mangent beaucoup beaucoup quand ils sont avec les piédicus bergèsnicotum de la famille des laagotirium christovière.

J’espère avoir répondu à ta question, et si tu veux d’autres détails, n’hésite pas à nous écrire.

 

J’ai écouté le cd de Within Temptation que tu m’as offert. Franchement j’adore. Malheureusement, il lui est arrivé un petit problème. J’espère que tu ne va pas te fâcher mais l’autre jour j’observais le chat qui fouillait dans ma pile innombrable de disques. Il les passait en revue, je ne savais pas trop pourquoi. Et son attention s’est alors portée sur un cd. Devine lequel ? Le tien ! Eh oui, il était tout particulièrement intéressé par celui-là. Il a ensuite ouvert le boîtier délicatement et s’est mis à dessiner avec ses griffes sur la face sensible. J’ai donc décidé d’arrêter ce massacre ; je me suis battu avec lui pour tenter de récupérer le disque, mais en vain. Le bougre, il y tenait autant un bébé accroché à son biberon, ou comme un morpion sur un testicule. J’ai alors usé de mon intelligence sans égale et je lui écrasé la queue pour qu’il arrête son manège. Il a fait un bond d’au moins deux mètres en miaulant comme un chat avec un angle de nonante cinq degrés ce qui lui a valu de tomber par la fenêtre, celle-ci étant restée ouverte. Là je me suis précipité à la balustrade. C’est alors que j’ai entendu un bruit de moteur. C’était maman qui allait faire les commissions. Son automobile n’ayant pas de radar de recul et le chat étant un peu groggy, tu peux aisément deviner le résultat de l’opération. A ce moment, je me suis dit « Chouette le cd est toujours en un seul morceau dans sa gueule ». Ce que je n’avais pas prévu c’est qu’il (le chat) reste collé au pneu ; à chaque tour de roue on pouvait voir un flash avec le reflet du soleil sur le disque. Ça faisait des jantes tuning, c’était très rigolo. Bref le chat partait indéniablement avec le cd et la voiture avec le chat. Comme notre rue est en travaux, il y a un tas de nids de poules sur la route ce qui a permis en roulant avec les vibrations de détacher le cd des dents de la bestiole. La rotation de la roue a violemment éjecté dans les airs chat et cd. Je crus pouvoir enfin le récupérer et c’est alors que l’impossible s’est produit. En effet le voisin était en train de tailler ses rosiers et utilisait un broyeur électrique pour les branches. Tu imagines la suite, le cd ayant un léger profil aérodynamique, la portance le faisait planer comme une petite soucoupe volante. Malheureusement l’aspiration du broyeur a créé des turbulences dans l’air ce qui l’a fait plonger directement à l’intérieur. Je me suis alors rendu chez le voisin bride abattue en soufflant comme un phoque qui n’a pas mangé de sardines depuis bien longtemps et après de nombreuses négociations (eh oui il pensait que le cd était le couteau du broyeur !) il m’a enfin rendu le cd en mille morceaux. J’ai vraiment honte de te raconter ça, surtout que j’y tenais beaucoup. Merci de ne pas t’énerver à cause de cette histoire, de ne pas me sauter à la gorge en me secouant comme un prunier, de ne pas faire pipi contre ma jambe et de ne pas me courir après avec ton automobile pour m’écraser et enfin être débarrassé de moi. Ce sera très gentil de ta part. Et pour te récompenser d’avoir lu jusqu’ici tu recevras peut-être un lapin de Pâques.

 

J’espère que tu pourras revenir bientôt et que tu viendras avec ta nouvelle fiancée. J’en ai une érection qui me grimpe jusqu’à la gorge (wouaou quelle santé !) rien que d’y penser. Oh excuse-moi d’être aussi grossier, si on peut dire que c’est grossier de parler d’une chose si terriblement humaine. Le soleil s’excuse t-il de se lever tous les matins ?

Pour la première fois de ma vie j’ai fait des galipettes avec une fille. Je ne dirai pas que j’ai fait ça comme un dieu car les dieux dans leur infinie sagesse se sont dits en se penchant sur mon berceau qu’il ne fallait pas trop me donner de cartes en mains pour ne pas rivaliser avec eux une fois que je serai grand, mais j’étais assez fier de moi. Elle a eu l’air bien contente, et moi je te dis pas, c’était comme monter au septième ciel sans ascenseur. On était sur la même longueur d’ondes tous les deux. On aurait dit de la télépathie extra-cognitive à impulsions sensorielles inter-cervicales à déplacement subjectif non exposée aux rayonnements alpha de la pensée universelle qui unit les vibrations circonvolutionnaires de nos esprits entre deux mondes parallèles et identiques prêts à se fondre en une foudroyante métamorphose unilatérale et conjointement liées entre elles par une absolue communion physique et par la compréhension de ce que nous pensions au même instant. Incroyable non ?

Si tu te demandes si je n’ai pas avalé un ou deux champignons hallucinogènes de bon matin, sniffé dans la bouteille de vinaigre, mangé beaucoup trop de frites pour mon petit déjeuner (frites : substances naturelles tirées du légume appelé pomme de terre, coupées en parallélépipèdes et plongées dans de l’huile bouillante, donc frites, d’où leur nom, et additionnées de sel avant de les déguster), tombé éperdument amoureux à m’en rouler par terre, ou alors cassé ma figure dans les escaliers qui descendent à la cave, provoquant un déplacement du cerveau de 0,5°, ce qui donne des soubresauts imaginatifs hors du commun, et bien si, j’ai fait tout ça, et c’est tellement bon (les lapins de Pâques cette fois c’est certains tu l’as mérité) !

 

Je baille tellement que j’ai le menton qui chatouille la feuille, et en plus je bave que j’en ai les doigts tout collants. Si je n’arrête pas maintenant ça va faire un arc électrique qui va me désintégrer.

 

Que te dire d’autre à part tout ça ? Clotilde lit toujours ses romans d’amour, et dès qu’on a le derrière tourné, elle a le nez dedans. Elle vient d’avoir un gros bouton sur la joue sur qui je t’embrasse bien fort ainsi que papa qui pense à toi depuis que ses tonneaux sont toujours pleins. Maman aussi d’ailleurs.

 

Ton frère préféré à qui tu manques beaucoup,

Mario

Spot Cripotum : Notre vache vient d’avoir un petit veau et on l’a appelé Anatole, comme toi.

 

Auteur : mario vannoye

et Jérôme Dritsch pour certains passages.

Le 05 septembre 2009

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Selon le principe que, c’est dans les vieux pots

Qu’on fait les meilleures soupes…

 Enriqueta vous propose de descendre en apnée

Dans la liste des anciens défis des Croqueurs.

C’était en 2010 Jill-Bill à la barre 41

Pour la communauté des Croqueurs de Mots

Voilà ce qu’elle attendait de nous ….

Le CHOCOLAT dans tous ses états

Usez et abusez en cannibale

Ne regardez point

A en croquer à belles plumes ma foi

Votre gourmandise fera notre régal…

 Moi , vous ne me croirez pas

Je ne suis pas fan de chocolat

Alors sans façon

Je suis allée ailleurs chercher l’inspiration!!!

Vous me direz, ça c’est fort

Tu aurais pu faire un petit effort

Mais ne m’en voulez pas

Je ne suis pas fan de chocolat

 Ô toi chocolat

 Tu es bon mais ingrat

Enivrant mais trop gras

Si bon, si délicat

Je ne résiste pas

 

Dieu des gourmands

Toujours tu m’attends

Sachant que mes dents

Te croqueront en leur temps

 

Sur une tartine de pain

En carrés à pleines mains

Vêtu d’un ballotin

Maintenant même dans son bain

 

Ô toi chocolat

En éclair, en opéra

Toujours tu nous capturas

Au détour d’un repas

 

Les hanches qui prennent du poids

Attention crise de foie

De n’avoir résisté à l’appel de ta voix

Même le ventre a ses lois

 

Ô toi chocolat

Je ne lutterais pas

Avec toi en combat

Toujours tu gagneras

 -Auteur inconnu-

Voici aussi ma participation

Au jeudi poésie chez Asphodèle

Même si je suis très en retard

Je sais qu’elle ne résistera pas 😉

asphodèle

 

Ton œil profond d’hidalgo tango,

Tes joues creusées, oh guérillero,

L’tourbillon des belles danseuses rêveuses

Que la révolution rend nerveuses,

Mais l’estomac y tient pas le tempo.

Tombe de haut, gringo, pistolero,

Dans la crème chantilly, les gâteaux.

 

Le gros bibendum que t’as dans l’cœur,

Tu l’as trouvé beau dans le temps, petite sœur.

Soixante kilos d’échevelé poète,

Tout livide au milieu des tempêtes

Mais l’estomac y tient pas la rime.

L’albatros patauge dans l’ice cream.

Nous voilà jolis, nous voilà beaux,

Tout empâtés, patauds, par les pâtés les gâteaux.

Nous voilà beaux, nous voilà jolis,

Ankylosés, soumis, sous les kilos de calories.

 

On est foutu on mange trop.

On est foutu on mange trop

On est foutu on mange trop

Mais qu’est-ce qu’on fera quand on sera gros ?

Papa Mambo !

Roulait des hanches en douceur le chanteur,

Dans son habit cœur, belle minceur,

Le poster fatal au-dessus du lit,

Mais la petite fille d’alors elle a grossi

Et la groupie fait de la bonne cuisine.

Le chanteur a débordé de son jean.

Nous voilà jolis, nous voilà beaux,

Tout empâtés, patauds, par les pâtés les gâteaux.

Nous voilà beaux, nous voilà jolis,

Ankylosés, soumis, sous les kilos de calories.

 

On est foutu on mange trop

On est foutu on mange trop

On est foutu on mange trop

-Paroles de Alain Souchon-

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Voici ma participation au deuxième jeudi poésie

Mené par Jeanne Fadosi

Sur la communauté des Croqueurs de Môts.

J’ai choisi Alain Souchon

Que j’apprécie beaucoup pour sa poésie contemporaine..

le mendiant sur apln-blog

L’être que j’adore en ce monde,

Eût-il les pieds noirs et des poux,

C’est le mendiant, il m’inonde

Le cœur d’une extase profonde ;

Je lui baiserais les genoux.

 

D’abord il convient de vous dire

Que si je ne l’adorais pas,

Ça ferait peut-être sourire ;

On penserait : Hé ! le bon sire !

Il a le « trac » pour ses ducats.

 

Il a peur de faire l’aumône,

Ou qu’on le vole, il a raison

Dans la vie, ah ! tout n’est pas jaune,

Et mon ami le plus béjaune

Ne viendrait pas à la maison.

 

Ou, s’il venait, il voudrait faire,

Tout comme moi, les mêmes frais,

Nous compterions, quelle misère !

Et s’il me cassait, quoi ? son verre ?

Ah ! la tête que je ferais !

 

Je parlerais de ma famille

Tant, que c’en serait Han-Mer-Dent :

« J’ai ma femme, mon fils, ma fille ;

Oui, la petite est très gentille,

Mais ça coûte. — C’est évident ! »

 

Le mendiant, qu’est-ce qu’il coûte ?

Titus disait : un heureux jour.

Quand nous verrons plus d’une goutte,

Chacun trouvera sur sa route

Qu’avec cet homme, on fait l’amour.

 

Je l’aime, comme une parente,

Pauvre… mais ça… c’est un détail…,

D’une façon bien différente.

Si j’avais mille francs de rente.

Je lui donnerais… du travail.

 

Je lui dirais : Tu vas me faire

Un bonhomme sur ce papier.

— « Monsieur, je ne dessine guère, »

Alors… de me foutre en colère,

Trouves-tu cela trop… pompier ?

 

Il dessinerait son bonhomme

Bien ou mal, naturellement.

Je dirais : Combien ? — « Telle somme. »

Et je paierais ; c’est presque, en somme,

Ce que fait le Gouvernement.

 

Le mendiant, mais c’est mon frère !

Comment, mon frère ? Mais, c’est moi.

Je commence par me la faire,

La charité, la chose est claire.

Tu te la fais aussi, va, Toi.

 

Moi, souvent « je me le demande »

Et demande, quand ça me plaît.

Et bien ! pour ma langue gourmande,

Plus que la vôtre n’est normande,

Si saint Pierre ouvrait son volet

 

Seulement pour une seconde :

Si je suis là, si je le vois,

Bien que je doute qu’il réponde,

Je lui demande la plus ronde

Des lunes qui rient dans les bois.

 

Et si, — surprise ! et joie extrême ! —

J’entends : « tiens ! enfant, la voici ! »

Comme avec tes baisers que j’aime,

Je me barbouille tout de crème,

Sans seulement dire : merci.

-Germain Nouveau-

Poète français né le 31 juillet 1851

à Pourrières (Var) où il est décédé le 4 avril 1920.

 

Ceci est ma participation au double jeudi poésie

L’un pour Asphodèle sur son blog

« Les lectures d’Asphodèle »

asphodèle

L’autre pour les Croqueurs de Môts

Barre 140 menée par Jeanne Fadosi

Qui nous demande un défi sur l’ image

En haut de page!!!

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